Arts, sciences et harmonie

Livre de la Genèse, 9 : 12-13Et Dieu dit : « C’est ici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais. J’ai placé mon arc dans la nue, et il servira de signe d’alliance entre moi et la Terre. »

Lumière et Couleur (la théorie de Goethe) – Le Matin après le Déluge – Moïse écrivant le Livre de la Genèse de J.M.W. Turner, Rose sud Notre-Dame de Paris

Nicolas Poussin, Sainte Cécile (ca.1635) et Piet Mondrian, Composition avec grand plan rouge, jaune, noir, gris et bleu (1921)

La couleur comme
miroir de la nature


Claude Monet« Je ne forme pas d’autre vœu que de me mêler plus intimement à la nature et je ne convoite pas d’autre destin que d’avoir, selon le précepte de Goethe, œuvré et vécu en harmonie avec ses lois. »






Quant à l’esprit du Grand Nuancier, sans doute faudrait-il inverser, pour bien le dépeindre, l’évocation si juste de Michel Leiris à propos de ce chef-d’œuvre de Pablo Picasso qu’est Guernica en 1937 : « Inutile de chercher des mots pour tenter de décrire cet abrégé de notre catastrophe […] En un rectangle noir et blanc telle que nous apparaît l’antique tragédie, Picasso nous envoie notre lettre de deuil : tout ce que nous aimons va mourir. ». Puisqu’il s’agit précisément d’explorer ici, dans un contexte général certes non moins dramatique aujourd’hui, en une infinité de rectangle colorés, tout le spectre chromatique entre le noir et le blanc (compris), comme un signe de paix, d’espoir et de vie.

Chéri Samba« La couleur est la vie, tout ce qui nous entoure, ce que nous vivons. Tout le monde est couleur, tout le monde a une couleur. J’ai fait un tableau intitulé J’aime la Couleur, une façon à moi de combattre le racisme. Enfant, j’ai entendu des choses que je n’arrive toujours pas à comprendre : il y a des gens qui auraient des couleurs et des gens qui n’en auraient pas… Ça dépasse l’entendement ! Il faut revoir la notion de couleurs. C’est mon combat. »


Le Grand Nuancier comme
allégorie (de la nature)
promotrice de coopération
Lévitique, 19 :18« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »

Le paradigme coopératif :
« La préférabilité des stratégies coopératives dans un contexte énergétique concurrentiel universel »

Les fondements théoriques :
• Espace et matière étant une seule et même chose qui est l’existence même, la nature consiste en un continuum (spatialement) infini de corps ; chacun de ceux-ci, à chaque moment, possédant une énergie qu’il distribue en agissant sur lui-même et son environnement (par l’exercice de quelque pression et action massive), d’où résultent (à ce moment) : chaleur, mouvement et toutes propriétés dynamiques (masse, énergie cinétique, etc.) des corps ; l’univers, ainsi que l’ensemble des corps qui le constituent, durant – en la composant successivement – une éternité (un temps sans commencement ni fin).
• La puissance ou qualité d’être d’un corps (à un moment donné) est le rapport entre son énergie (masse + énergie cinétique) et son volume. Or, dans son interaction avec l’environnement, un corps donne et reçoit de l’énergie. Il y a progression, profit, sensation de bien-être chez un corps lorsque son solde calorique est positif, \(Q^+-Q^->0\); régression, gâchis, sensation de mal-être lorsqu’il est négatif \(Q^+-Q^-<0\). Nota bene : on proposera ainsi clairement ici, en tant qu’hypothèse de travail, la puissance (\(P=\frac{E}{V}\)) comme critérium axiologique fondamental, définissant pour les corps toute valeur qualitative de l’existence (des actions, effets, sensations, passions des corps à chaque moment).
• Or, l’énergie de l’univers est invariante (et infinie), constituant à l’échelle de l’ensemble – de même qu’au sein de tout système isolé – un jeu à somme nulle ; c’est ainsi que tous les corps et sous-systèmes de l’univers évoluent toujours quant à l’énergie dans des contextes concurrentiels (quels qu’ils soient, non-coopératifs ou coopératifs).
• Il suit (statistiquement et probablement) de ce jeu des actions et passions, qui est toujours fondamentalement thermodynamique, ceci pour tous les états de la matière, dans tous les règnes naturels (minéral, végétal, animal, etc.), à toute échelle (omnidirectionnelle) de l’évolution, il suit donc que les corps s’efforcent, d’après leur expérience, d’optimiser leurs profits par des stratégies plus ou moins coordonnées, plus ou moins rentables, plus ou moins intelligentes ; cet effort des corps pour maintenir et augmenter leur puissance, on le nomme conatus.
• Par intelligence, on signifie donc la capacité d’un corps à utiliser son expérience afin d’augmenter ou, du-moins, de maintenir le rendement de ses actes. Par raison, on signifie la capacité d’un corps à définir, pour un contexte donné, la tactique ayant la probabilité maximum d’obtenir le rendement maximum. Plus son intelligence sera grande, plus elle tendra vers la raison. Enfin, par sagesse, on signifie non seulement la raison, mais aussi la mise en action par le corps de la stratégie définie par la raison.
• On entend par stratégies coopératives (mutuelles), au sein d’un système de corps \(\Sigma\), celles de type bienveillant-bienveillant/gagnant-gagnant, aux dépens énergétiques de tiers corps (\(\not\subset \Sigma\)).
• La sagesse – qui est, tout à la fois, utilitariste, altruiste et écologique en étant incitative à coopérer – consistera pour un corps à agir selon le principe du maxi-mini : « agir sur soi et son environnement de telle façon à maximiser ses propres gains et ceux d’autrui dont on profiterait, tout en minimisant ses propres pertes et celles d’autrui dont on ne profiterait pas ».
• En réalité, on ne saurait définir pour un corps de meilleure stratégie absolue ; mais seulement, relativement à chaque contexte, une hiérarchie de tactiques plus ou moins bonnes (probablement). Il apparaîtra néanmoins statistiquement :
– que les stratégies les plus coopératives, à condition et à proportion de leur réciprocité, sont aussi les plus rentables ; que la puissance moyenne de tout corps au sein d’un système est ainsi proportionnée à la coopération au sein de ce système.
– que la coopération au sein d’un système et la sagesse de ses éléments sont proportionnelles.
– que l’efficacité de la coopération au sein d’un système est proportionnelle à l’équilibre entre actions coopératives communes et actions coopératives spécifiques de ses membres : unité et diversité ; et que c’est cette habilité à « varier intelligemment le même thème » de la coopération qui préside, dans la nature, à la formation, à l’évolution, au progrès des espèces, des individus, et de toutes les structures et fonctions qui les caractérisent (régulation, organisation, adaptation, communication, reproduction, etc.), avec bien-sûr, sur notre planète Terre, une source d’énergie externe principale : le Soleil.




