Arts, sciences et harmonie

A. Boogert, assemblage de planches extraites du TraitĂ© des couleurs servant Ă  la peinture Ă  l’eau (1692)
Frederic Edwin Church, Saison des pluies sous les tropiques (1866)

Et Dieu dit : « C’est ici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et tous les ĂȘtres vivants qui sont avec vous, pour les gĂ©nĂ©rations Ă  jamais. J’ai placĂ© mon arc dans la nue, et il servira de signe d’alliance entre moi et la Terre. Â»

Livre de la GenĂšse, 9 : 12-13
Différents cercles chromatiques : J.W. von Goethe, Bruce Nauman, Pierre de Soleil aztÚque, mandala Amitāyus tibétain,
LumiĂšre et Couleur (la thĂ©orie de Goethe) – Le Matin aprĂšs le DĂ©luge – MoĂŻse Ă©crivant le Livre de la GenĂšse de J.M.W. Turner, Rose sud Notre-Dame de Paris

La couleur comme

miroir de la nature

Blanc comme
 la neige au sommet du mont Fuji, la gorge de la Mouette rieuse, le marbre de Carrare et les perce-neiges
Claude Monet, Le Bassin aux Nymphéas (1920-1926) : série des Grandes Décorations

« Je ne forme pas d’autre vƓu que de me mĂȘler plus intimement Ă  la nature et je ne convoite pas d’autre destin que d’avoir, selon le prĂ©cepte de Goethe, ƓuvrĂ© et vĂ©cu en harmonie avec ses lois. Â»

Claude Monet
Mark Rothko, Four Darks in Red (1958)
Opale Prince Arlequin (Lightning Ridge, Australie) et scarabĂ©e Torynorrhina flammea (ThaĂŻlande)
Gerhard Richter, 1024 Couleurs (350-3) (1973)
James Turrell, After Effect (2022)
Noir comme… cette robe de cocktail d’Yves Saint Laurent en velours et satin (coll. H.C. A./H. 1981) ou le Gorille des montagnes (RDC, Rwanda, Ouganda), en danger d’extinction
Pablo Picasso, Guernica (1937)

Quant Ă  l’esprit du Grand Nuancier, sans doute faudrait-il inverser, pour bien le dĂ©peindre, l’évocation si juste de Michel Leiris Ă  propos de ce chef-d’Ɠuvre de Pablo Picasso qu’est Guernica en 1937 : Â« Inutile de chercher des mots pour tenter de dĂ©crire cet abrĂ©gĂ© de notre catastrophe […] En un rectangle noir et blanc telle que nous apparaĂźt l’antique tragĂ©die, Picasso nous envoie notre lettre de deuil : tout ce que nous aimons va mourir. ». Puisqu’il s’agit prĂ©cisĂ©ment d’explorer ici, dans un contexte gĂ©nĂ©ral certes non moins dramatique aujourd’hui, en une infinitĂ© de rectangle colorĂ©s, tout le spectre chromatique entre le noir et le blanc (compris), comme un signe de paix, d’espoir et de vie.

ChĂ©ri Samba, J’aime la Couleur (2012)

« La couleur est la vie, tout ce qui nous entoure, ce que nous vivons. Tout le monde est couleur, tout le monde a une couleur. J’ai fait un tableau intitulĂ© J’aime la Couleur, une façon Ă  moi de combattre le racisme. Enfant, j’ai entendu des choses que je n’arrive toujours pas Ă  comprendre : il y a des gens qui auraient des couleurs et des gens qui n’en auraient pas… Ça dĂ©passe l’entendement ! Il faut revoir la notion de couleurs. C’est mon combat. Â»

Chéri Samba
Femme du peuple Chimbu de Papouasie-Nouvelle-Guinée arborant une coiffe traditionnelle

Le Grand Nuancier comme
allégorie (de la nature)
promotrice de coopération

« Tu aimeras ton prochain comme toi-mĂȘme »

LĂ©vitique, 19 :18
SchĂ©ma des diffĂ©rents types d’interaction Ă©cologique

Le paradigme coopératif

« La préférabilité des stratégies coopératives dans un contexte énergétique concurrentiel universel »

Un exemple emblĂ©matique de coopĂ©ration symbiotique mutualiste : le poisson-clown (Amphiprion ocellaris) et l’anĂ©mone de mer (Radianthus magnifica)

Les fondements théoriques :

‱ Espace et matiĂšre Ă©tant une seule et mĂȘme chose qui est l’existence mĂȘme, la nature consiste en un continuum (spatialement) infini de corps ; chacun de ceux-ci, Ă  chaque moment, possĂ©dant une Ă©nergie qu’il distribue en agissant sur lui-mĂȘme et son environnement (par l’exercice de quelque pression et action massive), d’oĂč rĂ©sultent (Ă  ce moment) : chaleur, mouvement et toutes propriĂ©tĂ©s dynamiques (masseĂ©nergie cinĂ©tique, etc.) des corps ; l’univers, ainsi que l’ensemble des corps qui le constituent, durant – en la composant successivement – une Ă©ternitĂ© (un temps sans commencement ni fin).

‱ La puissance ou qualitĂ© d’ĂȘtre d’un corps (Ă  un moment donnĂ©) est le rapport entre son Ă©nergie (masse + Ă©nergie cinĂ©tique) et son volume. Or, dans son interaction avec l’environnement, un corps donne et reçoit de l’énergie. Il y a progression,profit, sensation de bien-ĂȘtre chez un corps lorsque son solde calorique est positif, ; rĂ©gression,  gĂąchis, sensation de mal-ĂȘtre lorsqu’il est nĂ©gatif Nota bene : on proposera ainsi clairement ici, en tant qu’hypothĂšse de travail, la puissance () comme critĂ©rium axiologique fondamental, dĂ©finissant pour les corps toute valeur qualitative de l’existence (des actions, effets, sensations, passions des corps Ă  chaque moment).

‱ Or, l’énergie de l’univers est invariante et infinie – â€“, constituant Ă  l’échelle de la totalitĂ© un jeu Ă  somme nulle et Ă  celle de chaque corps et sous-systĂšme un jeu Ă  somme non-nulle ; c’est ainsi que tous les corps et sous-systĂšmes de l’univers Ă©voluent toujours (quant Ă  l’énergie) dans des contextes concurrentiels (quels qu’ils soient, non-coopĂ©ratifs ou coopĂ©ratifs).

‱ Il suit (statistiquement et probablement) de ce jeu des actions et passions, qui est toujours fondamentalement thermodynamique, ceci pour tous les Ă©tats de la matiĂšre, dans tous les rĂšgnes naturels (minĂ©ral, vĂ©gĂ©tal, animal, etc.), Ă  toute Ă©chelle (omnidirectionnelle) de l’évolution, il suit donc que les corps s’efforcent, d’aprĂšs leur expĂ©rience, d’optimiser leurs profits par des stratĂ©gies plus ou moins coordonnĂ©es, plus ou moins rentables, plus ou moins intelligentes ; cet effort des corps pour maintenir et augmenter leur puissance, on le nomme conatus.

‱ Par intelligence, on signifie donc la capacitĂ© d’un corps Ă  utiliser son expĂ©rience afin d’augmenter ou, du-moins, de maintenir le rendement de ses actes. Par raison, on signifie la capacitĂ© d’un corps Ă  dĂ©finir, pour un contexte donnĂ©, la tactique ayant la probabilitĂ© maximum d’obtenir le rendement maximum. Plus son intelligence sera grande, plus elle tendra vers la raison. Enfin, par sagesse, on signifie non seulement la raison, mais aussi la mise en action par le corps de la stratĂ©gie dĂ©finie par la raison.

‱ On entend par stratĂ©gies coopĂ©ratives (mutuelles), au sein d’un systĂšme de corps, celles de type bienveillant-bienveillant/gagnant-gagnant, aux dĂ©pens Ă©nergĂ©tiques de tiers corps ().

‱ La sagesse â€“ qui est, tout Ă  la fois, utilitaristealtruiste et Ă©cologique en Ă©tant incitative Ă  coopĂ©rer – consistera pour un corps Ă  agir selon le principe du maxi-mini : agir sur soi et son environnement de telle façon Ă  maximiser ses propres gains et ceux d’autrui dont on profiterait, tout en minimisant ses propres pertes et celles d’autrui dont on ne profiterait pas. On aura ainsi, pour un corps  , oĂč “” , “”, “” et “” expriment respectivement la sagesse, les gains, les pertes et le profit favorable de .

‱ En rĂ©alitĂ©, on ne saurait dĂ©finir pour un corps de meilleure stratĂ©gie absolue ; mais seulement, relativement Ă  chaque contexte, une hiĂ©rarchie de tactiques plus ou moins bonnes (probablement). Il apparaĂźtra nĂ©anmoins statistiquement :

– que les stratĂ©gies les plus coopĂ©ratives, Ă  condition et Ă  proportion de leur rĂ©ciprocitĂ©, sont aussi les plus rentables ; que la puissance moyenne de tout corps au sein d’un systĂšme est ainsi proportionnĂ©e Ă  la coopĂ©ration (“”) au sein de ce systĂšme ; c’est-Ă -dire, pour un couple de corps  et  .
– que la coopĂ©ration au sein d’un systĂšme et la sagesse de ses Ă©lĂ©ments sont proportionnelles ; c’est-Ă -dire, pour un couple de corps  et .
– que l’efficacitĂ© de la coopĂ©ration au sein d’un systĂšme est proportionnelle Ă  l’équilibre entre actions coopĂ©ratives communes et actions coopĂ©ratives spĂ©cifiques de ses membres : unitĂ© et diversitĂ© ; et que c’est cette habilitĂ© Ă  « varier intelligemment le mĂȘme thĂšme Â» de la coopĂ©ration qui prĂ©side, dans la nature, Ă  la formation, Ă  l’évolution, au progrĂšs des espĂšces, des individus, et de toutes les structures et fonctions qui les caractĂ©risent (rĂ©gulation, organisation, adaptation, communication, reproduction, etc.), avec bien-sĂ»r, sur notre planĂšte Terre, une source d’énergie (externe) principale : le Soleil.

La Terre, notre prĂ©cieuse â€œbille multicolore”, vue depuis l’espace
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